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Living Roof, histoire d’un jardin opensource sur un toit

Au tout début du mois de février 2016, le Living Roof a été démonté, après un peu plus de 7 mois d’existence sur le toit de la cité de la mode et du design. Cette installation temporaire visait à sensibiliser le grand public à l’agriculture urbaine, grâce à des modules développés en opensource.

Cet article a été initialement publié sur le site de Libre@Toi* par Clara Delpas


1er février 2016. Sous un ciel gris mais doux d’hiver, le Living Roof quitte définitivement le toit de la Cité de la Mode et du Design. Cette résidence d’agriculture urbaine avait été installée au mois de juin 2015. Première œuvre du collectif Babylone, il a mobilisé une bonne dizaine d’associations, notamment Zone AH, Synterrea, Toits vivants, Vergers Urbains ou Miel de Quartier travaillant à une ville plus verte et regroupant architectes, urbanistes, designers, paysagistes, juristes, hackers, écologues, arboriculteurs, ingénieurs, jardiniers, biologiste, menuisiers, agronomes, permaculteurs, apiculteurs, récupérateurs, animateurs sociaux et développeurs, le Living Roof a été conçu « sur mesure », comme un système résilient, c’est à dire capable de fonctionner avec un minimum d’intervention humaine et en synergie avec son environnement. Il était constitué de différents modules, pour certains en expérimentation, présentés au grand public par des panneaux explicatifs et lors d’ateliers organisés pour initier petits et grands à la vie des poules en ville, à l’aquaponie, à la récupération des semences ou au lombricompostage. Depuis la mi-novembre, un arbre supplémentaire y agitait ses branches : un olivier, planté en hommage à Quentin, 29 ans, architecte et membre de Vergers Urbains, assassiné au Bataclan.

Sébastien charge les bacs qui seront transportés par camion à la halle Pajol. Tout devant, l’olivier de Quentin.

Des poules, des poissons, des vers…

Le poulailler modulaire (MAUDUL-R) a permis, au travers d’ateliers organisés, de sensibiliser le grand public à la vie des poules. Mais la gestion de ces dernières, Chantal, Michèle, Brigitte et Tania de leurs prénoms, s’est avérée perturbée par les protestations de protecteurs de la cause animale. Ainsi que par de malencontreux événements : en effet, elles sont toutes mortes, même si les sonos du Nüba et du Moonroof- les bars installés tout à côté et accueillant jusque tard le soir des noctambules parisiens- les ont dérangé moins que ce que l’on ne craignait. Une poule est morte en pondant son premier œuf, les autres, sous les griffes et les crocs de prédateurs, de rats notamment.. Seule la remplaçante de Chantal, une poule « diplomatique » qui avait coûté pas moins de 400 euros en frais vétérinaires en plein mois d’août, ( !) coule maintenant des jours paisibles à Ivry-sur-Seine, seule rescapée de cette expérience pas très concluante pour les gallinacées.

Les poissons des deux bacs d’aquaponie ont eu plus de chance – les défenseurs des animaux les ont laissé tranquilles : koïs, shubukins et carpes ont pu tranquillement nourrir de leurs déjections quelques cultures. Pareil pour les cyprinidés du mur végétal où poussaient sedum et salades. Qu’on ne s’y trompe pas, pourtant , l’aquaponie n’est pas si simple qu’il n’y paraît. Bien sûr, tout commence avec un bac à poissons avec des végétaux au-dessus. Mais la suite est un peu plus subtile : trop nourris, les poissons saturent les plantes en azote. Sans compter que le destin naturel des poissons n’est pas de nager dans de petits bassins. Même si peu se soucient de leurs états d’âme, c’est tout de même un peu comme si on les cultivait en mode bonzaï . Et faute de pouvoir s’épanouir pleinement libres dans un espace suffisamment grand, leur espérance de vie se réduit considérablement.

Les vers du bac à lombricompostage, réalisé avec l’école du compost ont quant à eux bien digéré les déchets végétaux du site et des restaurants alentours.

Des bancs, des bacs, une serre…et un jardin opensource sur un toit !

Sur les quelques centaines de mètres carrés alloués à l’espace du Living Roof, des modules de bancs-bacs, mixant des bancs de bois aménagés pour la détente les visiteurs aux bacs destinés aux plantations accueillaient petits fruitiers, plantes aromatiques, choux, salades , haricots verts, poivrons, tomates, courges,etc.. sans oublier les fleurs et les arbres fruitiers : pas moins de 22 arbres, principalement des pommiers et des poiriers, cultivés évidemment sans les produits phytosanitaires habituels de l’agroindustrie ! (ici on leur a préféré des remèdes traditionnels comme du bicarbonate de soude ou de la bouillie bordelaise). L’ensemble était agrémenté d’une pergola de bois, ainsi que d’une structure de tiges d’acier pour béton sculptées comme de l’osier (la cabane polypode®, conçue par De la plume à la bêche ).

La serre solaire connectée (Sunseek), développé par Solar coop en partenariat avec P2PFoodLab a pu fournir une photo par jour ainsi que les données d’hygrométrie à l’intérieur. Elle était supposée voir ses panneaux s’orienter en fonction de la course du soleil, mais tout n’a pas fonctionné comme souhaité, sans doute « un problème de puissance électrique du moteur, branché sur le secteur », selon Cyprien, l’un de ses concepteurs. Et puis, installer une serre, habituellement réservée aux situations de bas ensoleillement, en plein été, et sur le toit particulièrement bien exposé de la Cité de la Mode et du Design, était quelque peu insolite, tout de même !

Véra, de Vergers Urbains, participe à la mise en sac des plantations du Living Roof pour leur déménagement. On distingue au fond la structure métallique en échelle du mur végétal, désormais dénudé.

Deux mois après son installation, le Living Roof a pu livrer « un petit quelque chose » aux journalistes présents à la conférence de presse du 25 août 2015. Pas une production délirante, loin de là. Rappelons que le jardin… avait raté le printemps ! Et que même les arbres, en deuxième année de croissance, n’étaient pas supposés produire de fruits. D’ailleurs, ce n’était pas là son but puisqu’ il visait avant tout à offrir un lieu de rencontres et d’échanges autour de l’agriculture urbaine.

Il a permis aussi de tester in vivo les différents modules opensource installés pour évaluer leur résistance à la prise au vent, aux intempéries, à la fréquentation du public, etc…Car les améliorations sont toujours possibles. Le mur végétal, par exemple et sa structure de 200kg, pesait environ 800kg. Grâce aux travaux menés sur le substrat nécessaire à la croissance des plantes au GreenLab de Jussieu, il gagnerait à être plus léger.

Le poids des installations est en effet un facteur limitant au développement des toits végétalisés. Question de portance. À la Cité de la Mode et du Design, la toiture peut supporter jusqu’à 500kg au m2. Le module aquaponique, sur 4m2, contenait à lui-seul près de 800 litres d’eau. Eau des bacs à poissons mise à part, le Living Roof nécessitait aussi 12 mètres-cube de terre ainsi que près d’une tonne de substrat organique (drêche, paille, etc…). Sans compter le poids des quelques 800 mètres linéaires de planches de bois issus de forêts tourangelles écogérées qu’il aura fallu pour construire tous les modules.

Bien sûr, il reste aussi les questions financières. Si la Cité de la Mode et du Design a alloué quelques 35 000 euros pour la concrétisation du projet, cette somme était quelque peu dérisoire « en regard du coût réel de l’ installation, qui a nécessité un investissement sérieux en bénévolat pour l’entretenir » comme le précise Bruno, de Zone AH! . Ce qui explique son avis quelque peu mitigé sur l’intérêt de l’expérience. Il n’en demeure pas moins que le Living Roof aura au moins pu présenter une jolie vitrine de l’agriculture urbaine. Quant au devenir de ce « Toit Vivant » , précisons que modules et plantations auront une seconde vie dans d’autres espaces développant l’agriculture urbaine, comme le toit de La Générale dans le 11ème arrondissement ou bien encore le site de l’ancien hôpital Saint-Vincent de Paul dans le 14ème. Ou, comme l’arbre de Quentin , sur l’esplanade Nathalie Sarraute, dans le 18ème arrondissement devant la halle Pajol, où Vergers Urbains a aménagé un jardin mobile.
Pour l’heure, du Living Roof , il reste un site, une page facebook et toutes les photos!

L’agriculture urbaine, dans l’air du temps…

Il va sans dire que les villes bétonnées manquent de terres à cultiver alors que les toits des immeubles offrent des surfaces bien exposées qu’il serait dommage de ne pas exploiter. Rien qu’à Paris intra-muros, « une étude de l’Apur (l’Agence Parisienne d’Urbanisme) a recensé 80 hectares de toits potentiellement végétalisables », rappelle Sébasien, président de Vergers Urbains. S’il y en a sans doute bien plus, puisque cette étude exclut les toits de moins de 200m2, Paris aurait de quoi faire pousser sur ces toits quelques tonnes de fruits et légumes ! D’ailleurs, la végétalisation des cours de récréation des écoles, des toits et des murs des immeubles est inscrite au programme de la mandature de l’actuelle Maire de Paris. Qui vient d’ailleurs de lancer un appel à projets pour faire émerger 40 projets sur les bâtiments parisiens, dont 20 en agriculture urbaine, comme le rappelle notre confère du Parisien. Et même une ferme urbaine, à l’instar de la ferme Lufa (Lufa Farm) à Montréal (Canada), mise au point dans les années 2010 après quatre ans de recherches mobilisant une quinzaine d’ingénieurs, qui occupe un immeuble de 3 000 m² en plein centre ville et approvisionne ainsi toute l’année près de 2 000 habitants en plus de 40 variétés de fruits et légumes, commercialisés sous forme de paniers, à la manière de nos AMAP …ou de la ferme urbaine de Berlin développée par la start-up ECF-farmsystems et opérationnelle depuis 2014 et qui produit déjà chaque année 30 tonnes de poissons et 35 tonnes de légumes cultivés en aquaponie.


 


Auteur(s): Clara Delpas pour Libre@Toi*

Crédit(s): Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Living Roof : Alerte enlèvement !!!

Un épisode digne du Mystère du Lapin Garou (Wallace et Gromit), comme vu dans l’expo sur les studios Aardmann qui vient de se terminer dans l’Atrium de la Cité de la Mode et du Design, juste en dessous du poulailler. Nous pensons à un enlèvement. D’ici à ce que Chantal Run(s)… En tout cas elle Fly(es).

Non non ce n’est pas une blague. Au lendemain du deuxième atelier Poules en Ville animé par Zone-AH!, Chantal qui avait dû être tenue à l’écart du poulailler après une mésaventure hospitalière en plein mois d’août, durant une semaine, a encore disparu du poulailler. Des suspicions fortes pour une bestiole à quatre pattes, les rats pullulent sur le toit.

LivingRoof : Atelier Poules en ville x Première récolte

Zone-AH! inaugure mardi 25 août la première séance des ateliers « Poules en ville », sur le toit de la Cité de la Mode et du Design, dans le cadre de la résidence d’agriculture urbaine Living Roof, proposée par le collectif Babylone.  Elle se tiendra de 10h à 12h autour du poulailler MAUDUL-R.

Dans le même temps, une conférence de presse est organisée dans le jardin potager, à l’occasion des premières récoltes depuis l’installation qui s’est déroulée dans la deuxième quinzaine de juin. Brigitte, Michèle, Chantal et Tania, nos quatre poulettes étant encore trop jeunes, il n’y aura pas d’œufs à ramasser pour cette fois-ci, malheureusement. Ce n’est que partie remise.

Atelier Poules + CP 25082015_small

Poules casting on Living Roof
Voir l’album « Poules Casting » sur Flickr.

Deux semaines avant ces événements, les poulettes du MAUDUL-R de Zone-AH! ont eu l’opportunité de faire connaissance avec les « biscuits » de Greenergrass / Greenerfourrage, comme les nomme leur concepteur.   Il s’agit d’un tapis de graines d’orge (ou d’autres céréales) germées à même la barquette, cultivés dans des conteneurs en conditions contrôlées. Hugues Chalopin, agriculteur entrepreneur qui a créé le procédé aux USA, l’introduit aux Pays-Bas. Il cherche dans la foulée a introduire les Greenerfourrages en France, où un marché reste à créer.

Des tapis de céréales germées bientôt partout dans nos basse-cours urbaines ?

MAUDUL-R x GREENERFOURRAGE ("earlybirds" test)
Voir l’album « MAUDUL-R x GREENERFOURRAGE (« earlybirds » test) » sur Flickr.

Les  Greenergrass ont été testés il y a quelques mois dans un autre poulailler urbain parisien, très éphémère celui-ci (nous n’avons pas trouvé le temps d’aller le voir malheureusement), sur les bords de Seine. L’agriculteur startuper sélectionne lui-même les grains de céréales bio qui vont pousser dans les barquettes sur son exploitation près de Saumur, dans le Maine-et-Loire. Le procédé de culture qu’il a mis au point dans ses conteneurs (qu’il loue à qui lui en demande) fait le reste.

Contrôle automatique de la production des Greenerfourrages en conteneur - Crédit Photo : Hugues Chalopin
Contrôle automatique de la production des Greenerfourrages en conteneur – Crédit Photo : Hugues Chalopin

Hugues Chalopin a souhaité mettre une première fois à disposition de Zone-AH! un échantillon de biscuits de Greenergrass pour l’usage de nos poules.

« J’ai mis au point un système qui permet de produire de l’herbe fraîche en six jours », explique Hugues Chalopin à Ouest France qui l’a interviewé en 2014 à l’occasion du SPACE, le salon international de l’élevage qui se tient au mois de septembre tous les ans à Rennes. Il faut « moins d’une semaine pour passer de la graine à un fourrage vert 100 % naturel. Une solution idéale en agriculture raisonnée et biologique qui convient aussi bien aux bovins qu’aux volailles », estime ce producteur qui a de la suite dans les idées.

Des grains de céréales aux biscuits de Greenerfourrages - Crédit Photo : Hugues Chalopin
Des grains de céréales aux biscuits de Greenerfourrages – Crédit Photo : Hugues Chalopin

L’avantage des greenergrass pour les volailles

Pourquoi l’herbe est-elle importante pour nos poules ? Les Greenerfourrages permettent d’améliorer la qualité nutritive de la ration ordinaire des poules, dans notre cas des granulés du commerce et les déchets de la cuisine de la Nuba, le restaurant voisin.

céréales : grains de maïs (jusqu’à 65 % de l’alimentation quotidienne), millet (jusqu’à 45 %), blé (jusqu’à 35 %), son de blé, riz, orge (jusqu’à 15 %), seigle, avoine (jusqu’à 10 %, l’avoine favorise la couvaison). Toutes ces graines peuvent être germées pour améliorer leurs qualités nutritives,

Egalement les Greenerfourrages influent sur le bien-être des poules urbaines, qui conservent un besoin inné de gratter et de picorer (souvent pour trouver des insectes et vers, ou des graviers pour faciliter leur digestion), ainsi que de se rouler dans l’herbe et la terre pour leur hygiène (mentale ;-p).

C’est relativement difficile de satisfaire à leurs besoins dans une « basse-cour » urbaine. Les Greenergrass apparaissent comme une réponse intéressante à une partie de ces besoins. Reste à voir dans quelles conditions les éleveurs urbains pourront y accéder.

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Téléchargez le pdf « Greenergrass pour les poulaillers en zone urbaine ».

Actuellement la solution n’est pas vraiment accessible d’un point de vue tarifaire à des éleveurs urbains amateurs ou associatifs, faute d’y laisser un bras en frais pour la conduite du poulailler. Ou alors il faut pouvoir stocker le module conteneur de production sur son terrain / toit pour produire soi-même les biscuits selon le processus mis au point par Hugues Chalopin.

« L’ équipement de production prend peu de place au sol (un conteneur fait 6 m x 2 m ) et il est léger( 2 tonnes). Il est conçu pour être disposé sur un toit ou dans un étage à proximité des poulaillers. »

H. Chalopin est en négociation pour distribuer son produit dans les réseaux de jardineries pour pouvoir toucher un public urbain. D’autant que le produit peut aussi faire une herbe à chat redoutable.

[#Livetweet] Living Roof : prévisite pour les médias

[#LivingRoof] Un ‘GreenLab’ sur le toit de la Cité de la Mode et du Design à Paris

Aperçu du toit de la Cité de la mode et du Design qui accueille jusqu’au 31 janvier 2016 le Living Roof, une résidence d’agriculture urbaine animée par Vergers Urbains et le collectif Babylone. (Par @Nicolas Loubet sur Twitter)

Une conférence de presse est organisée avec la première récolte du potager urbain le 25 août à 10h, en même temps que l’atelier Poules en ville (voir plus bas).

 

Une conférence de presse couplée à une récolte et un atelier Poules en ville sur le Living Roof

Une conférence de presse est organisée avec la première récolte du potager urbain le 25 août à 10h, en même temps que l’atelier « Poules en ville » proposé par Zone-AH!.

Nous vous convions à venir faire un point d’étape après 2 mois d’évolutions, à venir découvrir les nouvelles installations du Living Roof et le programme des prochains ateliers qui vont animer la résidence.

Une soirée se prépare également pour le 7 septembre (sur inscription) :  la #LovingRoof… A suivre.

Téléchargez le communiqué de presse en cliquant ici.