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Fab City 2018 : une édition passionnante !

Zone-AH! a participé au Fab City 2018, qui s’est tenu du 11 au 22 juillet à Paris, pour montrer le potentiel de l’agriculture dans les nouveaux modèles urbains. Produire localement et tendre vers l’autosuffisance grâce à l’action citoyenne, c’est ce que nous contribuons à développer à Zone-AH!.

D’abord, l’événement a débuté avec une série de conférences sur différents thèmes : l’éco-construction, la mobilité durable,  les énergies renouvelables, l’agriculture urbaine, ou encore la place du numérique dans la ville durable (nous préférons dire « soutenable »). De nombreux intervenants venant du monde entier ont montré que transformer les villes était possible. Ils ont présenté leurs solutions pour tendre vers des villes productives, soutenables et solidaires.

Puis, pendant le Fab City Campus, Zone-AH!, et d’autres acteurs du Collectif Babylone (Vergers Urbains, P2P Foodlab, Toits Vivants,…) avec Veni Verdi, ont fait découvrir au grand public comment ils s’inscrivaient dans la dynamique des Fab Cities ou « Villes fabricantes ». Durant tous les ateliers proposés au sein du district « Food Commons », débats, travaux manuels et partage des connaissances étaient au rendez-vous. Et c’est bien cela qui contribue à changer la façon dont nous pensons ensemble la ville de demain.

Fab City Campus 2018 à la Villette à Paris
Du 14 au 22 Juillet,2018 s’est tenu le Fab City Campus à la Villette – Crédit Photo : cc by sa nc – Bruno Vitasse pour Zone-AH!

Les Fablabs et autres acteurs des Communs ayant participé à cet événement contribuent à opérer une révolution de la relocalisation.  En réponse aux défis environnementaux auxquels nous faisons face, ils façonnent ainsi la ville de demain via leurs innovations. Zone-AH! a présenté quelques projets et invité le public à participer à leur réalisation, comme un séchoir solaire pour le projet ZéBU dédié au séchage des drêches de brasseries et du houblon, ou encore un module aquaponique en matériaux de récup’. Notre volonté à travers ces démonstrations est de sensibiliser le grand public à la consommation locale, loin de la production de masse. Mais il ne suffit pas de convaincre les citoyens. Il faut également que les grandes entreprises (du BTP notamment) s’inscrivent pleinement dans cette réflexion. Les barrières ne sont que culturelles, les Fab Cities ne sont pas qu’un rêve, comme en ont témoigné les diverses démonstrations.

Zoom sur ces démos en photos

séchoir solaire
1er atelier : construction participative d’un séchoir solaire. – Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
séchoir solaire monté
Le séchoir solaire est sur pied après sa construction participative. -Crédit Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
robotique dans le monde agricole
Présentation globale de la thématique de la robotique dans le monde agricole par Peter Hanappe de P2P Foodlab et Sony CSL (avec FarmBot, et le projet LettuceThink à l’image). Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
module aquaponique BIBA
Deuxième atelier proposé par Zone-AH! : la construction d’un module aquaponique BIBA (Bag In Box Aquaponics – cc by sa nc – Aquaponia.asbl).- Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
 culture de champignons
Troisième atelier autour de la culture de champignons (pleurotes) sur du marc de café. – Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
fructification pleurotes
Une fois la « recette » terminée, il suffit d’attendre que les pleurotes poussent et sortent des bouteilles / Avec le concours de Mashrooms et BLU. – Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
connaître les drêches de brasserie
Le dernier atelier proposé a permis au grand public de tout savoir sur les drêches de brasserie / Avec Aliénor Morvan, jeu de carte pour débrider la créativité de jeunes designers à l’occasion d’un concours d’upcycling avec les déchets de brasseries. Il sera lancé à la rentrée en septembre 2018 ! – Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!
marché bio et local
Fab City Campus s’est terminé en beauté au district « Agriculture urbaine » avec un marché bio et local pour régaler les papilles. – Photo : cc by sa nc – par Bruno Vitasse pour Zone-AH!

Fab City 2018, c’est fini. Mais les initiatives, elles, resteront présentes. Espérons qu’elles vont bien s’ancrer dans les esprits et pratiques de tou.te.s !


Auteur : Maud Rebibou

Living Roof, histoire d’un jardin opensource sur un toit

Au tout début du mois de février 2016, le Living Roof a été démonté, après un peu plus de 7 mois d’existence sur le toit de la cité de la mode et du design. Cette installation temporaire visait à sensibiliser le grand public à l’agriculture urbaine, grâce à des modules développés en opensource.

Cet article a été initialement publié sur le site de Libre@Toi* par Clara Delpas


1er février 2016. Sous un ciel gris mais doux d’hiver, le Living Roof quitte définitivement le toit de la Cité de la Mode et du Design. Cette résidence d’agriculture urbaine avait été installée au mois de juin 2015. Première œuvre du collectif Babylone, il a mobilisé une bonne dizaine d’associations, notamment Zone AH, Synterrea, Toits vivants, Vergers Urbains ou Miel de Quartier travaillant à une ville plus verte et regroupant architectes, urbanistes, designers, paysagistes, juristes, hackers, écologues, arboriculteurs, ingénieurs, jardiniers, biologiste, menuisiers, agronomes, permaculteurs, apiculteurs, récupérateurs, animateurs sociaux et développeurs, le Living Roof a été conçu « sur mesure », comme un système résilient, c’est à dire capable de fonctionner avec un minimum d’intervention humaine et en synergie avec son environnement. Il était constitué de différents modules, pour certains en expérimentation, présentés au grand public par des panneaux explicatifs et lors d’ateliers organisés pour initier petits et grands à la vie des poules en ville, à l’aquaponie, à la récupération des semences ou au lombricompostage. Depuis la mi-novembre, un arbre supplémentaire y agitait ses branches : un olivier, planté en hommage à Quentin, 29 ans, architecte et membre de Vergers Urbains, assassiné au Bataclan.

Sébastien charge les bacs qui seront transportés par camion à la halle Pajol. Tout devant, l’olivier de Quentin.

Des poules, des poissons, des vers…

Le poulailler modulaire (MAUDUL-R) a permis, au travers d’ateliers organisés, de sensibiliser le grand public à la vie des poules. Mais la gestion de ces dernières, Chantal, Michèle, Brigitte et Tania de leurs prénoms, s’est avérée perturbée par les protestations de protecteurs de la cause animale. Ainsi que par de malencontreux événements : en effet, elles sont toutes mortes, même si les sonos du Nüba et du Moonroof- les bars installés tout à côté et accueillant jusque tard le soir des noctambules parisiens- les ont dérangé moins que ce que l’on ne craignait. Une poule est morte en pondant son premier œuf, les autres, sous les griffes et les crocs de prédateurs, de rats notamment.. Seule la remplaçante de Chantal, une poule « diplomatique » qui avait coûté pas moins de 400 euros en frais vétérinaires en plein mois d’août, ( !) coule maintenant des jours paisibles à Ivry-sur-Seine, seule rescapée de cette expérience pas très concluante pour les gallinacées.

Les poissons des deux bacs d’aquaponie ont eu plus de chance – les défenseurs des animaux les ont laissé tranquilles : koïs, shubukins et carpes ont pu tranquillement nourrir de leurs déjections quelques cultures. Pareil pour les cyprinidés du mur végétal où poussaient sedum et salades. Qu’on ne s’y trompe pas, pourtant , l’aquaponie n’est pas si simple qu’il n’y paraît. Bien sûr, tout commence avec un bac à poissons avec des végétaux au-dessus. Mais la suite est un peu plus subtile : trop nourris, les poissons saturent les plantes en azote. Sans compter que le destin naturel des poissons n’est pas de nager dans de petits bassins. Même si peu se soucient de leurs états d’âme, c’est tout de même un peu comme si on les cultivait en mode bonzaï . Et faute de pouvoir s’épanouir pleinement libres dans un espace suffisamment grand, leur espérance de vie se réduit considérablement.

Les vers du bac à lombricompostage, réalisé avec l’école du compost ont quant à eux bien digéré les déchets végétaux du site et des restaurants alentours.

Des bancs, des bacs, une serre…et un jardin opensource sur un toit !

Sur les quelques centaines de mètres carrés alloués à l’espace du Living Roof, des modules de bancs-bacs, mixant des bancs de bois aménagés pour la détente les visiteurs aux bacs destinés aux plantations accueillaient petits fruitiers, plantes aromatiques, choux, salades , haricots verts, poivrons, tomates, courges,etc.. sans oublier les fleurs et les arbres fruitiers : pas moins de 22 arbres, principalement des pommiers et des poiriers, cultivés évidemment sans les produits phytosanitaires habituels de l’agroindustrie ! (ici on leur a préféré des remèdes traditionnels comme du bicarbonate de soude ou de la bouillie bordelaise). L’ensemble était agrémenté d’une pergola de bois, ainsi que d’une structure de tiges d’acier pour béton sculptées comme de l’osier (la cabane polypode®, conçue par De la plume à la bêche ).

La serre solaire connectée (Sunseek), développé par Solar coop en partenariat avec P2PFoodLab a pu fournir une photo par jour ainsi que les données d’hygrométrie à l’intérieur. Elle était supposée voir ses panneaux s’orienter en fonction de la course du soleil, mais tout n’a pas fonctionné comme souhaité, sans doute « un problème de puissance électrique du moteur, branché sur le secteur », selon Cyprien, l’un de ses concepteurs. Et puis, installer une serre, habituellement réservée aux situations de bas ensoleillement, en plein été, et sur le toit particulièrement bien exposé de la Cité de la Mode et du Design, était quelque peu insolite, tout de même !

Véra, de Vergers Urbains, participe à la mise en sac des plantations du Living Roof pour leur déménagement. On distingue au fond la structure métallique en échelle du mur végétal, désormais dénudé.

Deux mois après son installation, le Living Roof a pu livrer « un petit quelque chose » aux journalistes présents à la conférence de presse du 25 août 2015. Pas une production délirante, loin de là. Rappelons que le jardin… avait raté le printemps ! Et que même les arbres, en deuxième année de croissance, n’étaient pas supposés produire de fruits. D’ailleurs, ce n’était pas là son but puisqu’ il visait avant tout à offrir un lieu de rencontres et d’échanges autour de l’agriculture urbaine.

Il a permis aussi de tester in vivo les différents modules opensource installés pour évaluer leur résistance à la prise au vent, aux intempéries, à la fréquentation du public, etc…Car les améliorations sont toujours possibles. Le mur végétal, par exemple et sa structure de 200kg, pesait environ 800kg. Grâce aux travaux menés sur le substrat nécessaire à la croissance des plantes au GreenLab de Jussieu, il gagnerait à être plus léger.

Le poids des installations est en effet un facteur limitant au développement des toits végétalisés. Question de portance. À la Cité de la Mode et du Design, la toiture peut supporter jusqu’à 500kg au m2. Le module aquaponique, sur 4m2, contenait à lui-seul près de 800 litres d’eau. Eau des bacs à poissons mise à part, le Living Roof nécessitait aussi 12 mètres-cube de terre ainsi que près d’une tonne de substrat organique (drêche, paille, etc…). Sans compter le poids des quelques 800 mètres linéaires de planches de bois issus de forêts tourangelles écogérées qu’il aura fallu pour construire tous les modules.

Bien sûr, il reste aussi les questions financières. Si la Cité de la Mode et du Design a alloué quelques 35 000 euros pour la concrétisation du projet, cette somme était quelque peu dérisoire « en regard du coût réel de l’ installation, qui a nécessité un investissement sérieux en bénévolat pour l’entretenir » comme le précise Bruno, de Zone AH! . Ce qui explique son avis quelque peu mitigé sur l’intérêt de l’expérience. Il n’en demeure pas moins que le Living Roof aura au moins pu présenter une jolie vitrine de l’agriculture urbaine. Quant au devenir de ce « Toit Vivant » , précisons que modules et plantations auront une seconde vie dans d’autres espaces développant l’agriculture urbaine, comme le toit de La Générale dans le 11ème arrondissement ou bien encore le site de l’ancien hôpital Saint-Vincent de Paul dans le 14ème. Ou, comme l’arbre de Quentin , sur l’esplanade Nathalie Sarraute, dans le 18ème arrondissement devant la halle Pajol, où Vergers Urbains a aménagé un jardin mobile.
Pour l’heure, du Living Roof , il reste un site, une page facebook et toutes les photos!

L’agriculture urbaine, dans l’air du temps…

Il va sans dire que les villes bétonnées manquent de terres à cultiver alors que les toits des immeubles offrent des surfaces bien exposées qu’il serait dommage de ne pas exploiter. Rien qu’à Paris intra-muros, « une étude de l’Apur (l’Agence Parisienne d’Urbanisme) a recensé 80 hectares de toits potentiellement végétalisables », rappelle Sébasien, président de Vergers Urbains. S’il y en a sans doute bien plus, puisque cette étude exclut les toits de moins de 200m2, Paris aurait de quoi faire pousser sur ces toits quelques tonnes de fruits et légumes ! D’ailleurs, la végétalisation des cours de récréation des écoles, des toits et des murs des immeubles est inscrite au programme de la mandature de l’actuelle Maire de Paris. Qui vient d’ailleurs de lancer un appel à projets pour faire émerger 40 projets sur les bâtiments parisiens, dont 20 en agriculture urbaine, comme le rappelle notre confère du Parisien. Et même une ferme urbaine, à l’instar de la ferme Lufa (Lufa Farm) à Montréal (Canada), mise au point dans les années 2010 après quatre ans de recherches mobilisant une quinzaine d’ingénieurs, qui occupe un immeuble de 3 000 m² en plein centre ville et approvisionne ainsi toute l’année près de 2 000 habitants en plus de 40 variétés de fruits et légumes, commercialisés sous forme de paniers, à la manière de nos AMAP …ou de la ferme urbaine de Berlin développée par la start-up ECF-farmsystems et opérationnelle depuis 2014 et qui produit déjà chaque année 30 tonnes de poissons et 35 tonnes de légumes cultivés en aquaponie.


 


Auteur(s): Clara Delpas pour Libre@Toi*

Crédit(s): Licence Creative Commons
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Greenlab showcase au PROTO204 Paris-Saclay

Dans le cadre de la COP 21, le GreenLab du PROTO204 et l’association Zone-AH! ont réuni le soir du 8 décembre sur le campus de Paris-Saclay plusieurs porteurs de projets et structures impliqués dans le développement des tiers-lieux « verts » et de solutions pour la transition écologique des territoires. En fil rouge de cette rencontre : la réunion de « greenlabs » français en plein développement, et envisager la connexion aux greenlabs européens.

« Lost in translation we found the way of mitigation. »

Le PROTO204 se situe en pleine zone d’hybridation, dans un interstice ville-campagne mêlant une université (Paris XI), des laboratoires de recherche et des entreprises, parachutés sur le plateau de Saclay, dont les enjeux de maintient du patrimoine agricole dépassent largement le cadre de cette rencontre et de nos échanges, tout en y restant fortement liés.

« Levier social, zone d’hybridation de connaissances, … Territoire alliant ville et agriculture, Paris-Saclay invite entreprises, associations, acteurs publics et jardiniers à imaginer le futur de l’agriculture urbaine sur un terrain d’expérimentation inédit. » (Greenlab PROTO204)

Sessions de présentations et intervenants

  1. GreenLabs – Quels enjeux pour l’agriculture urbaine ?

    > Co.Babylone : Bruno Vitasse (Zone-AH!) & Sébastien Goelzer (Vergers Urbains)
    > Jardin partagé d’entreprise :  Erica Perrier & Hervé Plessix (Centre R&D Danone)
    > Agriculture urbaine connectée / Du Green dans le Gris : Marianne Baulez (La Fonderie – Agence numérique IdF)

  2. GreenLabs – Quelles solutions concrètes ?

    > PMCLab – Greenlab UPMC : Victorien Point
    > La MYNE : Rieul Techer (La Paillasse Saône)
    > Terre & Cité – Pays de Saclay : Dorian Spaak
    > Le Château Nanterre : Armonia Pierantozzi (Sitopia)

  3. GreenLab – Quels outils au PROTO ?

    > Méthodo GreenLab : Donna Enticott (PROTO204)
    > Résultats analyse de sol : Mathilde Bryant (PROTO204)
    > Capteurs et biodiversité : Michael Fayaud (UrbaSense)


[#GreenLab] Labos des villes, labos des champs
Le mardi 8 décembre, le PROTO204 sur le campus de Paris-Saclay accueillait des regards croisés sur l’agriculture urbaine. Compte-rendu en tweets et en images, par @NicolasLoubet.

[#Livetweet] Living Roof : prévisite pour les médias

[#LivingRoof] Un ‘GreenLab’ sur le toit de la Cité de la Mode et du Design à Paris

Aperçu du toit de la Cité de la mode et du Design qui accueille jusqu’au 31 janvier 2016 le Living Roof, une résidence d’agriculture urbaine animée par Vergers Urbains et le collectif Babylone. (Par @Nicolas Loubet sur Twitter)

Une conférence de presse est organisée avec la première récolte du potager urbain le 25 août à 10h, en même temps que l’atelier Poules en ville (voir plus bas).

 

Une conférence de presse couplée à une récolte et un atelier Poules en ville sur le Living Roof

Une conférence de presse est organisée avec la première récolte du potager urbain le 25 août à 10h, en même temps que l’atelier « Poules en ville » proposé par Zone-AH!.

Nous vous convions à venir faire un point d’étape après 2 mois d’évolutions, à venir découvrir les nouvelles installations du Living Roof et le programme des prochains ateliers qui vont animer la résidence.

Une soirée se prépare également pour le 7 septembre (sur inscription) :  la #LovingRoof… A suivre.

Téléchargez le communiqué de presse en cliquant ici.